Article rédigé par l’équipe d’Ipécom Paris et relu par Annie Reithmann, chef d’établissement. Publié le 10 septembre 2026.
Sources : Publication de l’OCDE et résultats français publiés par la DEPP.
À Ipécom Paris, nous sommes très attentifs à la baisse du niveau scolaire. Nous défendons des formations exigeantes, qui donnent aux élèves des connaissances solides et les moyens de les utiliser. Cet engagement demande aussi de la franchise : rattraper des lacunes accumulées est souvent difficile. Il faut en tenir compte pour proposer un accompagnement sérieux et des objectifs réalistes.
Quels sont les résultats de la France à PISA 2025 ?
Les publications de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) donnent les repères suivants :
| Domaine évalué | France, score 2025 | Moyenne OCDE 2025¹ | Évolution en France depuis 2022 |
|---|---|---|---|
| Culture mathématique | 458 | 463 | Baisse de 16 points |
| Compréhension de l’écrit | 456 | 461 | Baisse de 18 points |
| Culture scientifique | 483 | 482 | Stabilité statistique |
¹ Moyennes présentées dans les notes de la DEPP. Les valeurs sont des points sur les échelles PISA. Sources : note n° 26.40, lecture et mathématiques, pages 1–2, note n° 26.39, sciences, page 1.
Compte tenu des incertitudes statistiques, la DEPP situe la France dans la moyenne de l’OCDE dans ces domaines. En sciences, les résultats restent stables par rapport à 2022, mais baissent par rapport à 2015. Les périodes de comparaison doivent donc être précisées.
La part des élèves sous le niveau 2, seuil utilisé pour repérer les difficultés, atteint 36 % en mathématiques, 33 % en compréhension de l’écrit et 26 % en sciences. Ces catégories décrivent une maîtrise insuffisante des compétences évaluées. DEPP, lecture et mathématiques, DEPP, sciences.
Notre analyse de PISA 2022 permet de retrouver les constats du cycle précédent.
Que mesure PISA chez les élèves de 15 ans ?
PISA signifie « Programme international pour le suivi des acquis des élèves ». L’OCDE évalue des jeunes de 15 ans dans différents systèmes éducatifs. Le millésime 2025 correspond à l’année des tests ; leurs premiers résultats paraissent en 2026. La culture scientifique est le domaine principal de cette édition. Les exercices portent sur l’utilisation des connaissances, au-delà de la restitution d’un cours. Ministère de l’Éducation nationale.
Prenons un exemple pédagogique créé pour cet article : un prix baisse de 20 %, puis augmente de 20 %. Retrouve-t-il sa valeur de départ ? La tentation est de répondre oui : les deux pourcentages semblent s’annuler. Pourtant, un article à 100 euros passe à 80 euros, puis à 96 euros. La seconde variation porte sur un montant différent. Pour expliquer le résultat, l’élève doit comprendre à quelle quantité chaque pourcentage s’applique.
Pour une famille, une question utile est alors : que sait faire mon enfant avec ce qu’il a appris ? Demander comment il a choisi une opération peut révéler une difficulté que le seul résultat du calcul laisse invisible. En lecture, lui demander quel passage justifie son interprétation aide à comprendre comment il s’appuie sur le texte.
Pourquoi rattraper des lacunes peut être difficile
Les apprentissages du collège et du lycée s’appuient sur des connaissances acquises auparavant. Un élève qui hésite sur les fractions peut rencontrer des obstacles dans un chapitre d’algèbre, même s’il s’efforce de suivre le cours. Une compréhension fragile de l’écrit peut compliquer la lecture d’un énoncé de sciences. La difficulté visible dans une matière invite donc parfois à reprendre une notion bien antérieure.
Le rattrapage peut alors demander un double travail : reconstruire les bases tout en suivant les enseignements de la classe actuelle. Il faut du temps pour reprendre une notion, s’entraîner puis vérifier qu’elle est utilisable sans aide. Lorsque plusieurs lacunes se cumulent, fixer les priorités devient essentiel.
Pour nous, la qualité d’une formation implique de reconnaître cette difficulté. Les objectifs doivent tenir compte du niveau de départ et du temps disponible. L’exigence porte sur la solidité des progrès : une notion reprise doit pouvoir être expliquée et réutilisée, avant de servir d’appui à un apprentissage plus complexe.
Maintenir des exigences claires et vérifier les acquis
Une formation exigeante doit préciser le travail attendu et donner à l’élève des retours qui lui permettent de progresser. Face à une mauvaise note, « travaille plus » fournit peu d’indications. Il faut identifier l’obstacle. Une consigne mal comprise et une notion oubliée appellent des reprises différentes.
Voici des exemples de travail à adapter avec l’enseignant :
| Difficulté observée | Reprise possible | Ce que l’on cherche à vérifier |
|---|---|---|
| L’élève répond à côté de la question. | Lui faire reformuler la consigne avant de commencer. | Il distingue les informations données de ce qu’il doit trouver. |
| Il sait refaire un exercice corrigé, mais bloque dès que l’énoncé change. | Proposer une variante et lui demander pourquoi la méthode reste valable, ou doit changer. | Il choisit une démarche au lieu de reproduire les étapes de mémoire. |
| Il donne une opinion sans l’appuyer sur le document. | Lui faire retrouver un passage précis et expliquer son lien avec la réponse. | Il construit une justification vérifiable. |
| Il lit la correction sans comprendre son erreur. | Reprendre ensemble la première étape où son raisonnement s’écarte de la solution. | Il peut ensuite expliquer ce qu’il modifiera dans un nouvel exercice. |
Ces propositions pédagogiques constituent notre lecture pratique des enjeux soulevés par l’enquête. Leur intérêt se juge dans les travaux de l’élève : une explication devenue plus précise, une erreur qu’il sait reconnaître, un exercice qu’il peut aborder seul.
Les inégalités sociales de réussite demeurent fortes dans les résultats français. Cette dimension invite aussi à rendre les attentes scolaires explicites, pour que l’aide nécessaire ne repose pas entièrement sur les ressources disponibles à la maison. DEPP, résultats français en lecture et en mathématiques.
Pouvoir suivre un cours et parler de ce qui bloque
Selon la fiche France de l’OCDE, 47 % des élèves déclarent du bruit et du désordre dans la plupart ou la totalité des cours de sciences, contre 31 % en moyenne dans l’OCDE. Fiche France, page 9.
Ce constat donne une portée très concrète au climat de classe. Pour suivre un raisonnement, l’élève doit pouvoir entendre l’explication et poser sa question. Notre article sur la discipline scolaire dans PISA 2022 aborde cette question à partir du cycle précédent. Les indicateurs cités dans cet ancien article concernent notamment les mathématiques : ils doivent être distingués des données de sciences présentées ici.
Le dialogue familial mérite également attention. En France, 63 % des élèves disent que leurs parents ou responsables leur demandent au moins chaque semaine ce qu’ils ont fait à l’école, contre 74 % en 2022. Fiche France de l’OCDE, page 9.
Une discussion peut partir d’une question simple : « Qu’est-ce qui t’a posé problème aujourd’hui ? » Le parent n’a pas besoin de connaître la solution pour aider son enfant à formuler une difficulté et à préparer une question pour son professeur. Le dialogue entre les familles et l’école trouve ici une application quotidienne.
Intelligence artificielle : que reste-t-il à faire par l’élève ?
En France, 37 % des élèves interrogés déclarent utiliser un assistant d’IA au moins une fois par semaine pour les aider à apprendre. Fiche France de l’OCDE, page 9.
L’OCDE décrit des relations différentes avec les performances selon les usages. Les élèves qui recourent à l’IA pour certaines tâches, comme résumer ou rédiger un texte, obtiennent en moyenne de moins bons résultats en sciences. À l’échelle de l’OCDE, les utilisateurs hebdomadaires pour des usages généraux ont des performances similaires à celles des non-utilisateurs. Ces observations ne permettent pas, à elles seules, d’attribuer la baisse du niveau à l’IA. Analyse de l’OCDE sur les usages de l’IA.
Pour le travail scolaire, nous proposons de partir de la tâche intellectuelle que l’élève doit accomplir. Si l’objectif est d’apprendre à argumenter, il lui faut construire une justification. Dans un exercice où son utilisation est autorisée par l’enseignant, un assistant peut fournir une objection à examiner ou un indice. Il reste ensuite à l’élève à vérifier la réponse avec son cours et à expliquer la démarche sans assistance.
Le problème de pourcentages présenté plus haut offre un point de départ : après avoir obtenu une correction, l’élève peut-il expliquer pourquoi le prix final vaut 96 euros ? Et retrouver le raisonnement avec un autre prix de départ ? La maîtrise se vérifie dans ce qu’il est capable de faire lui-même.
S’appuyer sur l’intérêt pour les sciences
La DEPP relève aussi que les élèves français déclarent davantage de plaisir à apprendre les sciences que la moyenne de l’OCDE. Ils sont plus nombreux qu’en 2015 à envisager un métier scientifique. Les résultats en sciences de l’environnement sont supérieurs à ceux attendus au regard de leur niveau général en sciences. DEPP, culture scientifique.
Cet intérêt offre un point d’appui pour le travail en classe. Prenons une affirmation sur la croissance d’une plante : demander quelles observations permettraient de la tester donne un rôle actif à l’élève. Il doit choisir ce qu’il mesure, envisager une comparaison et préciser ce que l’expérience permettrait de conclure. La curiosité prend ainsi la forme d’un raisonnement à construire.
Du collège au lycée, défendre des apprentissages solides
À Ipécom Paris, établissement privé hors contrat situé dans le 16e arrondissement, nous défendons une formation exigeante dès le collège et tout au long du lycée. Cette exigence suppose de connaître le niveau réel des élèves et de vérifier ce qu’ils comprennent et savent faire seuls.
Au collège, les classes à effectif réduit favorisent un suivi régulier. Le tutorat et l’aide à l’organisation accompagnent l’acquisition des méthodes de travail, notamment pour apprendre une leçon ou comprendre ses erreurs. L’objectif est de construire des bases sur lesquelles les apprentissages suivants pourront s’appuyer.
Au lycée, cet accompagnement se poursuit de la Seconde à la Terminale. Il associe l’approfondissement des connaissances à la préparation du baccalauréat et des choix d’orientation, avec une autonomie qui se construit progressivement.
Des lacunes accumulées sont souvent difficiles à combler. Nous tenons à en parler clairement avec les familles, pour définir un travail adapté et des objectifs réalistes.
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