La réforme du passage de la 3e à la seconde : bonne idée ?

réforme du brevet d'études

La récente proposition de réforme scolaire en France, soulevant la question de conditionner l’accès à la seconde à l’obtention du brevet, a suscité de vifs débats. Dans ce contexte, l’expérience d’Ipécom Paris offre une perspective éclairante sur l’efficacité des méthodes pédagogiques alternatives.

La nécessité d’une bonne base au collège

On dit généralement que le collège donne les bases nécessaires pour l’intégration du lycée. Les automatismes de calcul, les théorèmes comme celui de Pythagore, ainsi que la grammaire et l’orthographe, sont souvent essentiels tant au collège qu’au lycée. Ce programme du collège, décortiqué en strates extrêmement fines, peut paradoxalement être mal compris par certains élèves. Ces derniers, souvent à haut potentiel, cherchent à complexifier les questions et font fausse route.

Présentation de l’approche d’Ipécom Paris

Face à ce constat, notre école a adopté une approche innovante en faisant le collège en deux ans au lieu de quatre. Cette intensification du programme vise à prévenir l’ennui et une attitude peu scolaire qui peut résulter d’un collège en 4 ans. Des élèves de cette section, ayant déjà obtenu leur baccalauréat, attestent que ce format accéléré est non seulement viable mais aussi bénéfique.

Remarques sur la réforme proposée sur le passage en seconde

Bloquer le passage en seconde n’est pas forcément une bonne chose. Beaucoup d’élèves s’épanouissent au lycée grâce à un contenu pédagogique plus abstrait qui leur convient mieux. Nombre d’entre eux, arrivés en seconde avec un niveau juste au collège, sont « émoustillés » par les défis intellectuels du lycée, ce qui les conduit à devenir sérieux, à prendre goût au travail, et à réussir leurs études supérieures alors que pendant le collège, ils faisaient le minimum.

L’Évolution des Réformes Scolaires : Éclairages de la Rencontre Ministérielle

En complément de notre discussion sur les méthodes pédagogiques et la réforme du passage du collège au lycée, il est essentiel de prendre en compte les récentes déclarations de la ministre de l’Éducation nationale, Amélie Oudéa-Castéra, lors de sa visioconférence avec les chefs d’établissement.

Défense des Groupes de Niveau par la Ministre

La ministre a souligné que la mise en place des groupes de niveau ne signifiait pas la fin du collège unique, mais visait à améliorer les conditions d’apprentissage. Elle a mis l’accent sur l’importance de concentrer les moyens sur les élèves les plus en difficulté pour renforcer leur confiance.

Réactions des Syndicats et des Chefs d’Établissement

Les syndicats, ainsi que les chefs d’établissement, ont exprimé leurs inquiétudes quant à cette réforme. Leurs préoccupations portent notamment sur les risques de ségrégation scolaire et l’impact de ces groupes sur les élèves, en particulier ceux ayant des besoins spécifiques. Ces réactions soulignent l’importance d’une approche équilibrée et bien pensée dans la mise en œuvre de toute réforme éducative.

La prise en compte de ces diverses perspectives est importante pour comprendre l’évolution actuelle de notre système éducatif et pour évaluer l’impact potentiel de ces changements sur les élèves.

Considération des besoins individuels des élèves

Il est crucial de bien évaluer chaque élève avant de leur interdire l’entrée en seconde pour la seule raison qu’ils n’ont pas obtenu le brevet. Certains élèves perfectionnistes peuvent paniquer à un examen et échouer, malgré leurs compétences. Recaler ces élèves pourrait nuire à leur estime de soi et à leur confiance.

Inconvénients de la « prépa lycée » et avantage de l’hétérogénéité

La mise en place d’une « prépa lycée » pour les élèves jugés faibles semble être une voie de garage et pourrait devenir une catastrophe pédagogique. Nous croyons en la mixité des classes. Les élèves plus avancés peuvent ainsi aider ceux en difficulté, créant un environnement où tout le monde est gagnant.


Grâce à nos effectifs réduits, les professeurs à Ipécom Paris gèrent efficacement l’hétérogénéité. Notre expérience démontre l’importance de repenser les transitions éducatives pour s’adapter aux besoins variés des élèves, garantissant ainsi le succès de chacun. Pour en savoir plus sur notre approche unique et nos programmes, nous vous invitons à visiter notre page dédiée au collège.

Mis à jour le 16 Mai 2024 à 14:46

Par Annie Reithmann

Directrice IPECOM Paris. DEA de Philosophie, spécialiste des méthodes d'apprentissage. En 1996 elle prend seule la direction d’Ipécom Paris.